Poésie ininterrompue
Toute notre vie, Jésus-Christ creuse inlassablement son sillon dans notre coeur pour parvenir un jour au centre de nous-même..

mfressard
31/03/2023
Max Jacob
Les années sont des villes dont on a fait le tour
les jours sont des palais dont les heures sont des tours
De l'autre côté de mes heures
quand, écartant les météores
et votre chevelure, ô vagues, soulevée
le Christ enchantera mon âme nouvelle-née
je tâtonnerai, ébloui à la porte de ton enceinte
Vierge Sainte
Max Jacob
mfressard
25/07/2022

Marie Noël
Alors, pour traverser la nuit
comme une femme
emporte son enfant endormi
ô mon Dieu,
tu me prendras
tu m'emporteras au milieu
du ciel splendide
en ta demeure
où peu à peu
le matin éternel
réveillera mon âme
Marie Noël
mfressard
04/12/2021

Avoir tout dit
et ne plus rien dire
Accéder enfin au chant
par le pur silence
T'ouvrant là
sans retenue
A l'appel d'un geai
aux cris des cigales
au pin jailli de toi
te brisant les entrailles
Sous le ciel uni
qu'effleure seul
un nuage
François Cheng
mfressard
20/11/2021

Hölderlin
L'heure de la terre est visible depuis le ciel
Tout le jour, entourée d'une claire nuit
Quand en haut apparaît le foisonnement des étoiles,
Et plus proche de l'Esprit la vie ample, prolongée.
Hölderlin
mfressard
13/11/2021
Seigneur ! guidez le souffle court qui vous cherche dans la prairie
Vous, l’agneau frêle, et vous l’Amour,
soyez ma force en ce séjour où l’on tremble de non-retour
Lourd d’une terreur infinie
Pitié, Seigneur ! aussi pour Vous qui nous cherchez dans la ténèbre
Que la route, en son dernier bout, pure et droite, parmi les houx
Dorée de lune en son décours, survolée de l’Ange aux trompettes
Soit celle qui mène à la fête éternelle de votre Amour
Luc Bérimont
mfressard
14/08/2021
A celle qui est infiniment céleste
parce qu'aussi elle est infiniment terrestre
A celle qui est infiniment éternelle
parce qu'aussi elle est infiniment temporelle
A celle qui est infiniment au-dessus de nous
parce qu'aussi elle est infiniment parmi nous
A celle qui est Marie
parce qu'elle est pleine de grâce
A celle qui est la plus près de Dieu
parce qu'elle est la plus près des hommes
Charles Péguy
Seigneur, change ma guerre en ta paix
mfressard
01/08/2021

Seigneur, change ma guerre en ta paix éternelle,
Échauffe les glaçons de mon cœur endurci,
Et fais qu'à l'avenir je n'aie autre souci
Qu'à suivre le sentier où ta bonté m'appelle.
Dompte les passions de mon âme rebelle
Et lave mon esprit de péché tout noirci,
Dispense ta lumière à mon œil obscurci
Et m'apprends les secrets qu'aux élus tu révèles.
Sur toi tant seulement mon espoir j'ai fondé.
Si grande est mon erreur, plus grande est ta bonté
Qui ne laisse jamais celui qui te réclame.
Purge donc mon esprit et le retire à toi,
Lui donnant pour voler les ailes de la foi,
Sans que l'abus du monde arrête plus mon âme.
mfressard
20/07/2021
Thérèse de Lisieux
Il est sur cette terre
un Arbre merveilleux
sa racine, ô mystère !
se trouve dans les Cieux...
de cet Arbre ineffable
l'Amour voilà le nom,
et son fruit délectable
s'appelle l'Abandon.
il me donne en ce monde
un océan de paix ,
en cette paix profonde
je repose à jamais...
seul l'Abandon me livre
en tes bras, ô Jésus
c'est lui qui me fait vivre
de la vie des Elus.
au-dessus des nuages
le ciel est toujours bleu
on touche les rivages
où règne le Bon Dieu.
j'attends en paix la gloire
du céleste séjour
car je trouve au Ciboire
le doux Fruit de l'Amour !
Ste Thérèse de Lisieux
Pour un regard qui s'est offert
mfressard
05/07/2021

Je crois en l'homme, cette ordure.
Je crois en l'homme, ce fumier,
Ce sable mouvant, cette eau morte.
Je crois en l'homme, ce tordu,
Cette vessie de vanité.
Je crois en l'homme, cette pommade,
Ce grelot, cette plume au vent,
Ce boute-feu, ce fouille-merde.
Je crois en l'homme, ce lèche-sang.
Malgré tout ce qu'il a pu faire
De mortel et d'irréparable,
Je crois en lui.
Pour son vertige devant l'étoile,
Je crois en lui
Pour le sel de son amitié,
Pour l'eau de ses yeux, pour son rire,
Pour son élan et ses faiblesses.
Je crois à tout jamais en lui
Pour une main qui s'est tendue,
Pour un regard qui s'est offert.
Lucien Jacques
Mon Espérance est de te voir un jour
mfressard
30/05/2021

Vivre d'Amour, lorsque Jésus sommeille
C'est le repos sur les flots orageux
Oh ! ne crains pas, Seigneur, que je t'éveille
J'attends en paix le rivage des cieux...
La Foi bientôt déchirera son voile
Mon Espérance est de te voir un jour
La Charité enfle et pousse ma voile
Je vis d'Amour ! ...
Thérèse de Lisieux
mfressard
23/05/2021
Pour que tu nous disperses au vent
mfressard
09/05/2021

Ô Dieu,
tu nous as créés
par le souffle de ton Esprit
nous ne sommes pas appelés
à rester paresseusement en toi
nous ne sommes pas appelés
à nous cacher en toi
nous sommes appelés
à être ton amour
pour que tu nous déverses
au-dehors
pour que tu nous disperses
au vent
pour que tu nous jettes en rafale
aux quatre coins du monde
Erich Przywara
mfressard
05/04/2021

Mon frère, va donc voir,
toujours renouvelée,
s'arrêter un moment
l'Humanité en marche,
manger le Pain de Vie
multiplié dans l'Arche,
et repartir vers
les Terres d'Eternité.
Francis Jammes
mfressard
23/03/2021

Les oiseaux regardaient
le poète à genoux.
Ils voyaient dans la brume
une croix ébauchée,
puis un être,
immobile et la tête penchée.
De l'homme au bois sacré
quand les bras s'appuyaient,
Quand il joignait les mains,
les oiseaux s'enfuyaient
par les chemins, sur le coteau,
dans la ravine,
Et l'homme, resté seul sous
votre Croix divine,
O Christ, l'homme ulcéré,
le pécheur, le passant,
baignait son coeur malade
aux flots de votre sang.
Paul Harel
mfressard
01/03/2021
mfressard
01/02/2021

Je voudrais chanter, Marie, pourquoi je t'aime
Pourquoi ton nom si doux fait tressaillir mon cœur
Et pourquoi la pensée de ta grandeur suprême
Ne saurait à mon âme inspirer de frayeur.
Si je te contemplais dans ta sublime gloire
Et surpassant l'éclat de tous les bienheureux
Que je suis ton enfant je ne pourrais le croire
Ô Marie, devant toi, je baisserais les yeux !...
Tu nous aimes, Marie, comme Jésus nous aime
Et tu consens pour nous à t'éloigner de Lui.
Aimer c'est tout donner et se donner soi-même
Tu voulus le prouver en restant notre appui.
Le Sauveur connaissait ton immense tendresse
Il savait les secrets de ton cœur maternel,
Refuge des pécheurs, c'est à toi qu'Il nous laisse
Quand Il quitte la Croix pour nous attendre au Ciel.
Bientôt je l'entendrai cette douce harmonie
Bientôt dans le beau Ciel, je vais aller te voir
Toi qui vins me sourire au matin de ma vie
Viens me sourire encor... Mère... voici le soir !...
Je ne crains plus l'éclat de ta gloire suprême
Avec toi j'ai souffert et je veux maintenant
Chanter sur tes genoux, Marie, pourquoi je t'aime
Et redire à jamais que je suis ton enfant !..
Thérèse de Lisieux
mfressard
05/01/2021

D'où vient-il ce bouquet oublié sur la pierre ?
Dans l'ombre, humide encor de rosée, ou de pleurs,
Ce soir, est-il tombé des mains de la prière ?
Un enfant du village a-t-il perdu ces fleurs ?
Ce soir, fut-il laissé par quelque âme pensive
Sous la croix où s'arrête un pauvre voyageur ?
Est-ce d'un fils errant la mémoire naïve
Qui d'une pâle rose y cacha la blancheur ?
De nos mères partout nous suit l'ombre légère ;
Partout l'amitié prie et rêve à l'amitié ;
Le pèlerin souffrant sur la route étrangère
Offre à Dieu ce symbole, et croit en sa pitié !
Solitaire bouquet, ta tristesse charmante
Semble avec tes parfums exhaler un regret.
Peut-être es-tu promis au songe d'une amante :
Souvent dans une fleur l'amour a son secret !
Et moi j'ai rafraîchi les pieds de la Madone
De lilas blancs, si chers à mon destin rêveur ;
Et la Vierge sait bien pour qui je les lui donne :
Elle entend la pensée au fond de notre coeur !
Marceline Desbordes-Valmore
mfressard
08/12/2020
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Ô Jésus,
Sauveur des âmes,
Nous ne sommes que poussière
Mais nous sommes assoiffés de votre amour.
Ô Jésus,
Nous sommes entourés d’un monde qui attend la Source vive.
Nous voulons nous mettre à votre service
En n’ayant d’autres moyens que votre bonté
Et votre miséricorde.
Ô Jésus,
Vous pouvez choisir des puissants et des sages,
Ils auront certainement des calculs et des plans.
Nous, nous ne comptons que sur votre charité.
Ô Jésus, du haut du Ciel,
Jetez un regard sur vos pauvres serviteurs.
Nous voulons être l’instrument de votre Providence
Au service de la mission.
Guidez nos pas,
Enflammez nos prières,
Transformez nos paroles
Et nos actes.
Pour que le monde croie et soit sauvé.
Amen
Pauline Jaricot
mfressard
31/10/2020

Le sublime est un départ.
Quelque chose de nous,
qui au lieu de nous suivre,
prend son écart
et s'habitue aux cieux.
La rencontre extrême
de l'art,
n'est-ce point
l'adieu le plus doux ?
Et la musique:
ce dernier regard
que nous jetons nous-mêmes
vers nous !
Rainer-Maria Rilke
mfressard
07/06/2020
Pour mettre dans vos pas
mes pas trop hésitants
s'il vous plaît, Bernadette
prêtez-moi vos sabots
vous alliez ramasser le bois
qui fait la flamme
et réunit les hommes
en les réconfortant
pour que je puisse aussi réchauffer
ceux qui cherchent ou sourire
ou parole, ou silence
ou soutien
s'il vous plaît, Bernadette
prêtez-moi vos sabots
et s'ils sont trop petits
qu'ils me rendent modeste
que j'avance en sachant que je suis limitée
avec des petits pas
des chutes, et des relèves
pour suivre de Marie la route de confiance
pour découvrir l'Eau Vive
offerte aux assoiffés
pour se rendre au repas
où Jésus nous invite
afin de partager sa parole et son pain
s'il vous plaît, Bernadette
prêtez-moi vos sabots
pour monter vers le Père qui m'attend
et qui m'aime
pour entrer dans la fête
au bout du chemin
après avoir marché
portant mes joies, mes peines
tout en vous demandant de me donner la main,
s'il vous plaît, Bernadette
prêtez-moi vos sabots
Prière à sainte Bernadette de Marie-Louise Pierson
Ce que j'ai mon Dieu je vous le donne
mfressard
09/05/2020
O mon Dieu, vous m'avez blessé d'amour
Et la blessure est encore vibrante,
O mon Dieu, vous m'avez blessé d'amour.
Voici mon sang que je n'ai pas versé,
Voici ma chair indigne de souffrance,
Voici mon sang que je n'ai pas versé.
Voici mon coeur qui n'a battu qu'en vain
Pour palpiter aux ronces du Calvaire,
Voici mon coeur qui n'a battu qu'en vain.
Voici mes yeux, luminaires d'erreurs
Pour être éteints aux pleurs de la prière,
Voici mes yeux, luminaires d'erreurs.
Hélas ! Vous, Dieu d'offrande et de pardon,
Quel est le puits de mon ingratitude,
Hélas ! Vous, Dieu d'offrande et de pardon.
Vous, Dieu de paix, de joie et de bonheur,
Toutes mes peurs, toutes mes ignorances,
Vous, Dieu de paix, de joie et de bonheur.
Vous connaissez tout cela, tout cela
Et que je suis plus pauvre que personne,
Vous connaissez tout cela, tout cela.
Mais ce que j'ai, mon Dieu, je vous le donne.
Paul Verlaine
mfressard
18/04/2020
Il est midi. Je vois l'église ouverte. Il faut entrer.
Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.
Je n'ai rien à offrir et rien à demander.
Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.
Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela
Que je suis votre fils et que vous êtes là.
Rien que pour un moment pendant que tout s'arrête.
Midi !
Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.
Ne rien dire, regarder votre visage,
Laisser le cœur chanter dans son propre langage.
Ne rien dire, mais seulement chanter parce qu'on a le cœur trop plein,
Comme le merle qui suit son idée en ces espèces de couplets soudains.
Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,
intacte ineffablement,
Parce que vous êtes la Mère de Jésus-Christ,
Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance et le seul fruit.
Parce qu'il est midi, parce que nous sommes en ce jour d'aujourd'hui,
parce que vous êtes là pour toujours, simplement parce que vous êtes Marie,
simplement parce que vous existez,
Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !
Paul Claudel : "La Vierge à midi", Poèmes de Guerre, N.R.F., 1914-1915
mfressard
29/03/2020
Ste Thérèse de Lisieux
mfressard
21/03/2020

Vierge à l'enfant endommagée durant le siège de Homs_ Syrie_église de la ceinture de la Vierge_photo AED
Voici la Vierge Marie qui,
du haut du Ciel,
murmure à l'oreille de son Fils:
" L'amour s'est tari dans les foyers,
ainsi que la joie..."
Oui, Mère, la paix et la joie ont disparu
de nos coeurs,
la violence et la guerre dominent.
Envoyez-nous une pluie
de pétales de paix,
remplissez nos jarres d'amour
et de joie.
Transformez toute souffrance
en guérison,
tout chagrin en consolation,
toute inquiétude en repos.
Transformez notre monde souffrant
et submergé
par la guerre
en un monde de paix.
Bénissez tous ceux
qui transforment le chagrin
de leurs frères en allégresse.
Donnez-nous la paix,
mfressard
03/03/2020
Je viens à vous, Seigneur ! confessant que vous êtes
Bon, clément, indulgent et doux, ô Dieu vivant !
Je conviens que vous seul savez ce que vous faites,
Et que l'homme n'est rien qu'un jonc qui tremble au vent ;
Je dis que le tombeau qui sur les morts se ferme
Ouvre le firmament ;
Et que ce qu'ici-bas nous prenons pour le terme
Est le commencement...
Victor Hugo
mfressard
01/02/2020
Ô Verbe éternel, parole de mon Dieu,
je veux passer ma vie à Vous écouter,
je veux me faire tout enseignable afin d'apprendre tout de Vous;
puis, à travers toutes les nuits, tous les vides,
toutes les impuissances,
je veux vous fixer toujours et
demeurer sous votre grande lumière.
Ô Père, penchez-Vous vers votre pauvre petite créature,
ne voyez en elle que le Bien-aimé en lequel
Vous avez mis toutes vos complaisances.
Elisabeth de la Trinité
mfressard
17/01/2020
mfressard
29/09/2019
Ô Seigneur,
je souhaite que nous tous qui sommes ici,
nous puissions, au moins une fois dans notre vie,
annoncer si fort, si passionnément,
la Bonne Nouvelle de Dieu,
et avec tant de bonté,
que cet homme puisse en garder
le souvenir, la nostalgie,
et qu'un jour où nous ne serons plus là,
il s'adresse au Dieu possible
qu'il pressent,
au Dieu dont on lui a parlé,
comme de quelqu'un de vivant
et aimant ;
que cet homme se tourne vers Dieu,
qu'il s'adresse à Lui.
Ce jour là, pour cet homme,
nous aurons fait le maximum,
car nous l'aurons mis en contact
volontaire avec Dieu...
Il aura répondu par un acte élémentaire
d'amour, à l'Amour de Dieu
qui, Lui, l'aime toujours
et indéfiniment, le premier.
Madeleine Delbrêl
mfressard
07/07/2019

Jésus beaucoup trop bon,
Vous qui régnez en rouge aux vitraux de l'église
Avec un agneau qui vous aime
Et dans vos mains une belle fleur blanche
Qui ne pousse pas dans notre pauvre pays,
Je ne peux pas comprendre vos grandeurs,
mais je sais bien
Que vous écoutez toutes nos paroles,
sauf les méchantes,
Et que votre âme, qui a tout souffert,
connaît la mienne
Armand Robin
mfressard
21/06/2019
Marie Noël
Connais-moi si tu peux, ô passant, connais-moi !
Je suis ce que tu crois et suis tout le contraire:
La poussière sans nom que ton pied foule à terre
Et l'étoile sans nom qui peut guider ta foi.
Je suis et ne suis pas telle qu'en apparence:
Calme comme un grand lac où reposent les cieux,
Si calme qu'en plongeant tout au fond de mes yeux,
Tu te verras en leur fidèle transparence...
Connais-moi ! connais-moi ! Ce que j'ai dit le suis-je ?
Ce que j'ai dit est faux - Et pourtant c'était vrai ! -
L'air que j'ai dans le coeur est-il triste ou bien gai ?
Connais-moi si tu peux. Le pourras-tu ?...Le puis-je ?...
Ô passant, quand tu verrais
Tous mes pleurs et tout mon rire,
Quand j'oserais tout te dire
Et quand tu m'écouterais,
Quand tu suivrais à mesure
Tous mes gestes, tous mes pas,
Par le trou de la serrure...
Tu ne me connaîtras pas !
Et quand passera mon âme
Devant ton âme un moment
Eclairée à la grand'flamme
Du suprême jugement,
Et quand Dieu comme un poème
La lira toute aux élus,
Tu ne sauras pas lors même
Ce qu'en ce monde je fus...
Tu le sauras si rien qu'un seul instant tu m'aimes !
Marie Noël
Une buée humaine dans l'espace
mfressard
04/04/2019

Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,
Boire le sel ardent des embruns et des pleurs,
Et goûter chaudement la joie et la douleur
Qui font une buée humaine dans l'espace !
Anna de Noailles
mfressard
30/03/2019

Oh
jardins perdus
fontaines oubliées
prairies ensoleillées
oh douleur
splendeur et mystère de l'adversité
sang et lueurs
beauté frappée
Fraternité.
Jacques Prévert
mfressard
16/02/2019
Désirer, désirer désespérément
désirer jusqu'à la douleur et la détresse
jusqu'au grand vide amer
désirer que ce soit autrement
désirer la fin des cruautés
des folies, de la bêtise, de l'abject,
désirer la gaieté, la lumière, la tendresse
avoir si faim, avoir si soif
du monde différent
et de soi-même différent.
Maurice Bellet
mfressard
03/01/2019
La voix de Dieu s'est tue
Et seul dans les jardins le soleil parle aux pauvres
Nous vivons tous dans un désert sans fin où notre cœur attend
Nous allumons des feux
Qui donc parmi les pierres fait refleurir la vie ?
Qui nous parle de près ?
Restons dans le désert
Nous y serons un jour visités en secret
Georges Haldas
Tu es la grande lumière de la pauvreté
mfressard
02/12/2018

Seigneur, tu es le pauvre.
Tu es le pauvre, le dénué de tout,
tu es la pierre qui roule sans trouver le repos,
tu es le lépreux hideux dont on se détourne
et qui rôde autour des villes avec son grelot.
Tu es pauvre comme les malades
qui dans la nuit se retournent sans cesse
et sont presque heureux
et comme les fleurs entre les rails
si tristes dans le vent confus des voyages.
Toi tu es vraiment le pauvre, le dénué de tout,
tu es le mendiant qui se cache la face;
tu es la grande lumière de la pauvreté
auprès de qui l'or semble terne.
Rainer Maria Rilke
mfressard
27/10/2018
mfressard
19/09/2018

Je voudrais chanter, Marie, pourquoi je t'aime
Pourquoi ton nom si doux fait tressaillir mon cœur
Et pourquoi la pensée de ta grandeur suprême
Ne saurait à mon âme inspirer de frayeur.
Si je te contemplais dans ta sublime gloire
Et surpassant l'éclat de tous les bienheureux
Que je suis ton enfant je ne pourrais le croire
Ô Marie, devant toi, je baisserais les yeux !...
Tu nous aimes, Marie, comme Jésus nous aime
Et tu consens pour nous à t'éloigner de Lui.
Aimer c'est tout donner et se donner soi-même
Tu voulus le prouver en restant notre appui.
Le Sauveur connaissait ton immense tendresse
Il savait les secrets de ton cœur maternel,
Refuge des pécheurs, c'est à toi qu'Il nous laisse
Quand Il quitte la Croix pour nous attendre au Ciel.
Bientôt je l'entendrai cette douce harmonie
Bientôt dans le beau Ciel, je vais aller te voir
Toi qui vins me sourire au matin de ma vie
Viens me sourire encor... Mère... voici le soir !...
Je ne crains plus l'éclat de ta gloire suprême
Avec toi j'ai souffert et je veux maintenant
Chanter sur tes genoux, Marie, pourquoi je t'aime
Et redire à jamais que je suis ton enfant !...
Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus
mfressard
13/09/2018

Gérald Neveu
Il est à genoux
pour qu’on ne le voie pas
Il est à genoux
une étoile sur chaque plaie
Sa voix se confond enfin
avec le ciel
un pauvre petit ciel
de ce monde
Il est à genoux dans le monde
près d’une table de cuisine
Quand vient la nuit il passe outre
Gérald Neveu
mfressard
08/08/2018
mfressard
01/05/2018

Ô mon Dieu,
Trinité que j'adore,
aidez-moi à m'oublier entièrement
pour m'établir en vous,
immobile et paisible comme si déjà
mon âme était dans l'éternité.
Que rien ne puisse troubler ma paix,
ni me faire sortir de vous,
Ô mon Immuable,
mais que chaque minute m'emporte plus loin
dans la profondeur de votre Mystère.
Pacifiez mon âme,
faites-en votre ciel,
votre demeure aimée et le lieu de votre repos.
Que je ne vous y laisse jamais seul,
mais que je sois là tout entière,
tout éveillée en ma foi,
tout adorante,
toute livrée à votre Action créatrice.
Elisabeth de la Trinité
mfressard
22/11/2017

Pays, arrêté à mi-chemin
entre la terre et les cieux,
aux voix d'eau et d'airain,
doux et dur, jeune et vieux,
comme une offrande levée
vers d'accueillantes mains :
beau pays achevé,
chaud comme le pain !
Rainer Maria Rilke
mfressard
20/04/2017

Vivre d’Amour, c’est garder en soi-même
Un grand trésor en un vase mortel
Mon Bien-Aimé, ma faiblesse est extrême
Ah je suis loin d’être un ange du ciel !…
Mais si je tombe à chaque heure qui passe
Me relevant tu viens à mon secours,
A chaque instant tu me donnes ta grâce
Je vis d’Amour.
Vivre d’Amour, c’est naviguer sans cesse
Semant la paix, la joie dans tous les cœurs
Pilote Aimé, la Charité me presse
Car je te vois dans les âmes mes soeurs
La Charité voilà ma seule étoile
A sa clarté je vogue sans détour
J’ai ma devise écrite sur ma voile :
« Vivre d’Amour. »
Vivre d’Amour, lorsque Jésus sommeille
C’est le repos sur les flots orageux
Oh ! ne crains pas, Seigneur, que je t’éveille
J’attends en paix le rivage des cieux…
La Foi bientôt déchirera son voile
Mon Espérance est de te voir un jour
La Charité enfle et pousse ma voile
Je vis d’Amour !…
« Vivre d’Amour, quelle étrange folie ! »
Me dit le monde, « Ah ! cessez de chanter,
Ne perdez pas vos parfums, votre vie,
Utilement sachez les employer !… »
T’aimer, Jésus, quelle perte féconde !…
Tous mes parfums sont à toi sans retour,
Je veux chanter en sortant de ce monde :
« Je meurs d’Amour ! »
Mourir d’Amour, voilà mon espérance
Quand je verrai se briser mes liens
Mon Dieu sera ma Grande Récompense
Je ne veux point posséder d’autres biens.
De son Amour je veux être embrasée
Je veux Le voir, m’unir à Lui toujours
Voilà mon Ciel… voilà ma destinée :
Vivre d’Amour !!!…
Thérèse de Lisieux
mfressard
31/03/2017

La violence de la poésie est calme et silencieuse
et pénètre loin _ jusqu'à l'os
jusqu'au blanc
La plus haute poésie
est frappée
de pauvreté d'images
Il n'est question
que d'aller plus loin au-dehors
toujours plus loin au-dehors
vers l'extrême ligne de lumière
Kenneth White
mfressard
19/01/2017

Pâle étoile du soir, messagère lointaine,
Dont le front sort brillant des voiles du couchant,
De ton palais d'azur, au sein du firmament,
Que regardes-tu dans la plaine ?
Etoile, où t'en vas-tu dans cette nuit immense ?
Cherches-tu sur la rive un lit dans les roseaux ?
Ou t'en vas-tu, si belle, à l'heure du silence,
Etoile de l'amour, ne descends pas des cieux.
Alfred de Musset
Seule l'attention est capable d'aimer
mfressard
03/12/2016

Dieu,
Tu as choisi de te faire attendre
tout le temps d'un avent.
Moi je n'aime pas attendre
parce que je n'ai pas le temps...
Mais Toi Dieu,
Tu as choisi de te faire attendre
le temps de tout un avent.
Parce que Tu as fait de l'attente
l'espace de la conversion,
le face à face avec ce qui est caché,
parce que seule l'attente
réveille l'attention
et que seule l'attention
est capable d'aimer...
Jean Debruynne
Seigneur, quand serai-je assez
mfressard
12/08/2016

Seigneur, quand serai-je assez
Clochard pour la joie du chemin
Bandit pour la joie du procès
Voyou pour la joie du baiser
Croix pour la joie d'être avec toi ?
Quand, Seigneur, serai-je assez
Homme pour la joie de ton visage
Ami pour la joie de ton regard
Enfant pour la joie de ton coeur
Souffle pour la joie d'être en toi ?
Quand serai-je assez
Nu pour la joie de prier
Donné pour la joie de servir
Simple pour la joie de chanter
Corps pour la joie d'être avec toi ?
Christophe Lebreton
Moine de Tibhirine assassiné en 1996
mfressard
12/06/2016

Mon esprit s’ouvre et s’offre, on dirait une cible ;
Je ne puis plus compter les chutes de mon cœur ;
La charité se fane aux doigts de la langueur ;
L’ennemi m’investit d’un fossé d’eau dormante ;
Un parti de mon être a peur et parlemente ;
Il me faut à tout prix un secours prompt et fort.
Ce fort secours, c’est vous, maîtresse de la mort
Et reine de la vie, ô Vierge immaculée,
Qui tendez vers Jésus la Face constellée,
Pour lui montrer le Sein de toutes les douleurs,
Et tendez vers nos pas, vers nos ris, vers nos pleurs,
Et vers nos vanités douloureuses les paumes
Lumineuses, les Mains répandeuses de baumes...
Ah ! vous aimer, n’aimer Dieu que par vous, ne tendre
A lui qu’en vous sans plus aucun détour subtil,
Et mourir avec vous tout près.
Ainsi soit-il !
Paul Verlaine, 1875
mfressard
09/03/2016
Je viens du monde encore sans nom
qui donne naissance au poème;
Regarde,
je n'ai plus ni voix ni visage :
seule une rumeur d'oiseaux
sur laquelle tu te penches.
Je voudrais être un pont
entre cette vie et l'autre ;
Regarde,
je suis fait d'ombres,
blessé de villes impénétrables,
mais je m'élance dans l'heure vive
entraînant l'horizon déjà sous le soleil.
Claude Saguet
mfressard
17/12/2015

Liberté, égalité, fraternité,
Nommez les fruits de l'espérance la plus amère,
Lavez, lavez, sur les couteaux, sur les épées
Le sang versé depuis l'éternité.
J'écoute ces voix grêles et la guitare,
Je pense obscurément
A tous ceux de par le monde dont
Je ne suis point séparé,
Frère lâche, tais-toi
Devant le supplice de celui qui, plus fort que toi,
Meilleur que toi,
Mourant pour toi, meurt plus que toi !
Victor Serge
mfressard
28/10/2015
mfressard
13/08/2015
mfressard
24/07/2015
D'un seul pas de mon coeur je vous entraînerai
Je suis sans forces j'ai vécu je vis encore
Mais je m'étonne de parler pour vous ravir
Quand je voudrais vous libérer pour vous confondre
Aussi bien avec l'algue et le jonc de l'aurore
Qu'avec nos frères qui construisent leur lumière
Paul Eluard
mfressard
26/05/2015

Que des feuilles mortes jonchant le sol
D’un songe reverdies et envolées,
Que les voici emportées par un vol
De colombes comme brins d’olivier,
Que de les voir belles qui caracolent
D’un nouvel espoir jamais éprouvé,
Que les voilà sans nul besoin de colle
De cent façons aux branches assemblées,
Ainsi pourrait se dire l’espérance,
Constante et inépuisable rivière
Prenant sa source au pays de l’enfance,
Ainsi perdurerait lueur intense,
Constante et perpétuelle lumière
Prenant au ciel l’éternelle brillance.
Jean de Baulhoo
mfressard
22/05/2015

J'avais crié vers Toi. Ai-je crié trop fort ?
ou n'ai-je pas assez crié ? avec assez de foi ?
As-tu jeté un seul regard ? La route était sous ton oeil.
J'y étais, bien sûr, sur cette route...
Benjamin Fondane
mfressard
02/05/2015
L'âme est seule au-dessus du monde bleu
De la terre belle et animale, sans espace.
Tout est un, et un en un, et tout en un
Et un en Dieu.
Pierre Jean Jouve
mfressard
26/04/2015

Les mots ne sont plus qu'un désert,
des guignols pour tromper l'absence,
et puis les mots, à quoi çà sert ?
Notre seul cri , c'est le silence.
Peuple de Dieu, soyez aimable,
serrez-vous donc à l'intérieur,
pour accueillir à votre table
l'invité de la dernière heure.
Jean Debruynne
mfressard
11/04/2015

Pourquoi m'avoir donné tant de grâces, Seigneur ?
Il faudra bien que j'en réponde.
Vous m'avez débordé d'indulgence,
je n'ai pas ma part de tristesse.
J'ai l'angoisse d'être trop heureux au milieu des misérables,
Je le confesse même si celà doit scandaliser.
Mais je ne peux pas faire que ma joie soit obscure !
Je ne peux pas faire que ma joie ne soit pas
Vous !
Patrice de La Tour du Pin
mfressard
01/04/2015

La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte,
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit,
Chante sa plainte.
Mon Dieu, Mon Dieu, la vie est là
Simple et tranquille.
Paul Verlaine
mfressard
08/03/2015

Dom Helder Camara
Si nous pouvions ne pas avoir
une goutte de haine !
Goutte d'or !
Si nous pouvions glisser une goutte
d'or vrai,
d'or vrai du véritable amour,
dans l'humanité, dans le quartier,
une goutte d'or d'amour
pour nos frères.
Dom Helder Camara
Amour qui planais sur les eaux
mfressard
27/01/2015

Amour qui planais sur les eaux
Et les berças du premier souffle,
Nos âmes dorment :
Prends-les d'un battement nouveau
Qui reflue au Christ vers leur source
Pour déborder parmi les hommes.
Tu es cette voix qui gémit,
Dans les douleurs de notre monde,
Le nom du Père ;
Mais en retour, tu es aussi
La voix apportant sa réponse:
L'Amour de Dieu couvre la terre.
Patrice de la Tour du Pin
mfressard
21/12/2014

Soeur Emmanuelle
C'était donc ça le Saint-Esprit ?
Ce feu dévorant ma raison,
Dévorant ma pauvre maison ?
Quoi ! ce cruel oiseau de proie,
Planant, pillant, qui m'a tout pris
Et ne m'a laissé que la Joie,
C'était donc ça le Saint-Esprit !
Gilbert Cesbron
mfressard
14/05/2014

La Babylone j'ai vu, Marie !
La Babylone j'ai vu, Jésus !
Sept étages et Jésus dessus !
Rez-de-chaussée les paresseux
Souliers cirés, esprit ni âme,
jolis messieurs et jolies dames.
Au premier le riche et l'orgueil
avec le tonnerre dans son oeil.
Au second j'ai vu la colère
Taper du pied pour les faire taire
Depuis le bas jusqu'au fronton
les sept étages des sept démons.
La puanteur chez les avares
ceux qui ont pris la meilleure part
et la luxure porc à porc
avec les gourmands à la porte.
Max Jacob
mfressard
19/04/2014

Alléluiah !
Pour le cri de l'oiseau,
Les larmes de l'enfant,
Pour l'élan de mon coeur,
Aux éclats de ta liesse
Et le déferlement
Du fleuve de l'amour
Au désert de mes soifs.
Pour le jour, pour la nuit,
Pour l'amour, pour son fruit,
Pour mes faims, pour ton pain,
Pour mes soifs, pour ton vin,
Alléluiah !
Pour la vive clameur
Sanglante de ma mort,
Proche aux roues de ton verbe,
Et mon élan vers toi,
Au-delà de la mort,
Dans l'éternité de vie !
André Chouraqui
mfressard
17/03/2014

Ce soir d'avant le printemps,
Dieu nous aimait tant et tant
Qu'on le respirait dans l'air...
Et nous autres, si ravis
Qu'on aurait donné sa vie
Sur-le-champ, pour voir le Père !
Gilbert Cesbron
mfressard
24/02/2014

La grâce étrange et familière
d'une âme en moi comme un enfant
me tient en sommeil et prière.
L'espace immensément infime
d'une âme en moi comme un arpent
est du corps l'abîme et la cime.
L'onde éteinte et qu'un vent rallume
d'une âme en moi comme un étang
insinue sa teinte et sa brume.
Un appel au plus loin résonne,
et je remets à qui la donne
l'âme ouverte comme un présent.
Benoît Vermander
Que la Rencontre aille jusqu'au bout
mfressard
31/12/2013

Creuse en moi Ton silence
Déchire cette peau d'amande
où se réaimante le chaos des syllabes.
Que s'affranchisse d'un seul regard
l'essaim fou des questions.
Que la Rencontre aille jusqu'au bout
de ce promontoire de l'âme.
Dans le temps qui nous absente
ne tarde pas:
ouvre la Tente du rendez-vous.
Christiane Keller
mfressard
30/11/2013

Si tu te tais, tais-toi par amour,
Si tu parles, parle par amour,
Si tu corriges, corrige par amour,
Si tu pardonnes, pardonne par amour.
Saint Augustin
mfressard
12/11/2013
mfressard
08/11/2013
mfressard
27/10/2013
mfressard
02/10/2013
J'ai enfin le droit de saluer des êtres
que je ne connais pas
Ils passent devant moi et s'accumulent au loin
Tandis que tout ce que j'en vois m'est inconnu
Et leur espoir n'est pas moins fort
que le mien
Je ne chante pas ce monde
ni les autres astres
Je chante toutes les possibilités de moi-même
hors de ce monde et des astres
Je chante la joie d'errer
et le plaisir d'en mourir
Guillaume Apollinaire
mfressard
28/09/2013
mfressard
20/09/2013
Entre à la nuit sans rivages
Si tu n'es toi qu'en passant
L'oubli rendra ton visage
Au coeur d'où rien n'est absent
Ton silence né d'une ombre
Qui l'accroît de tout le ciel
Eclôt l'amour où tu sombres
Aux bras d'un double éternel
Et t'annulant sous ses voiles
Pris à la nuit d'une fleur
Donne des yeux à l'étoile
Dont ton fantôme est le coeur
Joë Bousquet
mfressard
18/09/2013
mfressard
06/09/2013
mfressard
31/08/2013
mfressard
26/08/2013
mfressard
08/08/2013
mfressard
05/07/2013
mfressard
28/06/2013
Ô Sagesse jadis rencontrée ! C'est donc toi devant moi qui marchais aux jours de mon enfance,
Que de pays ensemble parcourus ! Que de hasards et que d'années !
Et après une longue séparation la joie de ces retrouvailles inopinées !
Qui tient les yeux levés sur toi ne craint point l'hésitation ou le vertige.
Tout à la vision de ta face devient connaissable et doré.
Paul Claudel
mfressard
20/06/2013
mfressard
18/06/2013
La foi, çà ne m'étonne pas
Cà n'est pas étonnant..
J'éclate tellement dans ma création
Dans le soleil et dans la lune et dans les étoiles
Dans les astres du firmament
Dans les plantes et dans les bêtes
Et dans l'homme..
Dans le regard et dans la voix des enfants...
J'éclate tellement dans toute ma création
Que pour ne pas me voir vraiment
Il faudrait que ces pauvres gens
fussent aveugles
Charles Péguy
Des pans déchiquetés de mon coeur
mfressard
15/06/2013
J'allume, j'allume de ma torche dansante
Le ciel vert-de-grisé des cités
Pour tous les pauvres qui vivent de la soif des autres
Et n'ont pas le droit d'avoir soif
Ceux qui vendent le chant des pommes
Le lait la pluie l'air et la coca des trusts
Ceux qui vendent tout juste assez pour mourir,
Pour couvrir la plaie de leurs petits
Je viens, je viens sur mon cheval rouge
Dont les ailes sont faites des pans
Déchiquetés de mon coeur, de mon manteau de gueux
Ses sabots feront fleurir du roc le rosier d'amour
Yvan Goll
mfressard
10/06/2013
mfressard
29/05/2013
Je ne connais que ton visage
que pourrais-tu me donner d'autre quel autre gage
homme mon seul pays
et mon vrai paysage
en ces matins entr'ouvrant leurs rideaux
au croisement dans le passage
où nos ombres se frôlent
sans même se héler
chacun de nous tiré par ce qu'il faut qu'il tire
et n'imaginant plus
rien pouvoir donner ?
Pierre Morhange
mfressard
24/05/2013
Des mots d'espoir, des mots d'alarme
Des mots d'oubli, des mots de rêve
Des mots de chair, des mots de sang
Des mots, des mots - voici des mots
Peut-être qu'ils voudront te dire
A toi voulant les reconnaître
Les accueillir, les recevoir
Et les garder comme un refrain -
Peut-être qu'ils sauront te dire
Par d'autres lèvres que les miennes
Par d'autres jeux moins tâtonnants
Le sens aveugle qu'ils m'ont tu
Claude Sernet
mfressard
20/05/2013
Seigneur, faites-leur l'aumône
mfressard
10/05/2013
Seigneur, je suis dans le quartier des bons voleurs,
des vagabonds, des va-nu-pieds, des recéleurs.
Je pense aux deux larrons qui étaient avec vous
à la potence,
Je pense aussi aux musiciens des rues,
au violoniste aveugle, au manchot qui tourne l'orgue
de barbarie,
je sais que ce sont eux qui chantent durant l'éternité.
Seigneur, faites-leur l'aumône, autre que de la lueur
des becs de gaz,
Seigneur, faites-leur l'aumône de gros sous ici bas.
Blaise Cendrars
mfressard
07/05/2013
mfressard
04/05/2013
Chercheurs que le néant captive,
Qui, dans l'ombre, avons en passant
La curiosité chétive
Du ciron pour le ver luisant,
Poussière admirant la poussière,
Nous poursuivons obstinément,
Grains de cendre, un grain de lumière
En fuite dans le firmament !
Pendant que notre âme humble et lasse
S'arrête au seuil du ciel béni,
Et va becqueter dans l'espace
Une miette de l'infini.
Victor Hugo
mfressard
30/04/2013
Qui nous roulera la pierre ?… Qui ?
Pierre scellée de nos tombeaux
tombeaux de nos habitudes
tombeaux de nos idoles
de nos jugements définitifs
de nos idée arrêtées
de nos peurs paralysantes…
Mais aussi tombeaux de nos souffrances ensevelies
de nos rancœurs et aigreurs
de nos déceptions enfouies
de nos échecs accumulés…
Qui nous roulera la pierre… Qui ?
Car la pierre était fort grande…
Le 1er jour de la semaine, de grand matin,
les femmes vont au tombeau
alors que le soleil se lève
elles regardent : la pierre a été roulée…
Le Soleil s’est levé
le Soleil a surgi du tombeau
le Soleil a surgi de tous nos tombeaux
la pierre a été roulée :
une brèche, une béance en tous nos murs
en tous les murs de l’impossible
en tous les murs de clôture
en tous les murs de séparation
en toutes nos forteresses…
Chantal de La Forge
mfressard
24/04/2013

Je suis un roi qui n'est pas sûr d'avoir du pain
Sans pleurer j'ai vu fuir mes rêves en déroute
Mes rêves aux yeux doux au visage poupin
Pour consoler ma gloire un vent a dit Ecoute
Elève-toi toujours. Ils te montrent la route
Les squelettes de doigts terminant les sapins
Guillaume Apollinaire
mfressard
22/04/2013
J'avance en écrasant des ombres sur la route
Et leur plainte et si faible
Qu'elle a peine à me gravir
Et s'éteint petitement avant de toucher mon oreille.
Je croise des hommes tranquilles
Qui connaissent la mer et vont vers les montagnes;
Curieux, en passant, ils soupèsent mon âme
Et me la restituent repartant sans mot dire.
Jules Supervielle
mfressard
20/04/2013
Il nous est arrivé des départs impérieux
Depuis le premier jusqu'à n'en plus finir
A perte de vue dans l'horizon renouvelé
Qui n'est jamais que cet appel au loin
Qui module le paysage
Ou cette barrière escarpée
Qui fouette la rage de notre curiosité
Et ramasse en nous de son poids
Le ressort de notre bond
Saint-Denys-Garneau
mfressard
19/04/2013
mfressard
17/04/2013
Les visages ont changé de visage
mfressard
13/04/2013

Que de fois les visages ont changé de visage !
Les hommes sont partis un à un par les portes
par les fenêtres et par les cadres des photos.
Un peu de moi se trouve en tous ces murs de brique.
A ce vestiaire un peu de mon fantôme pend.
Suis-je celui maintenant qui regarde en arrière ?
Celui qui dans la nasse prend des poissons absents ?
Toutes ces ombres - n'est-ce qu'en moi qu'elles perdurent ?
Est-il possible, ô Dieu, que je ne fusse qu'un
miroir usé, qui garde un peu de son étain
pour les ombres futures ?
Benjamin Fondane
mfressard
05/04/2013
mfressard
01/04/2013
Comment ça va sur la terre ?
- Ça va ça va, ça va bien.
Les petits chiens sont-ils prospères ?
- Mon Dieu oui merci bien.
Et les nuages ?
- Ça flotte.
Et les volcans ?
- Ça mijote.
Et les fleuves ?
- Ça s'écoule.
Et le temps
- Ça se déroule.
Et votre âme ?
- Elle est malade
Le printemps était trop vert
elle a mangé trop de salade.
Jean Tardieu
mfressard
14/03/2013
mfressard
13/03/2013
mfressard
07/03/2013

Comme la nuit est lointainement pleine
De silencieuse infinité claire !
Pas le moindre écho des gens de la terre,
Sous la lune méditerranéenne !
Et toi, là-bas, pot-au-feu, pauvre Terre !
Avec tes essais de mettre en rubriques
Tes reflets perdus du Grand Dynamique,
Tu fais un métier ah! bien sédentaire !
Jules Laforgue
mfressard
03/03/2013

Ce fut un vrai poète: Il n'avait pas de chant.
Mort, il aimait le jour et dédaigna de geindre.
Peintre: il aimait son art - Il oublia de peindre...
Il voyait trop - Et voir est un aveuglement...
Ne sommes-nous pas là , sans peintres, ni poètes !...
Quel vitrier a peint ! quel aveugle a chanté !...
Et quel vitrier chante en raclant sa palette,
Ou quel aveugle a peint avec sa clarinette !
Tristan Corbière
mfressard
26/02/2013

Une voix, une voix qui vient de si loin
Qu'elle ne fait plus teinter les oreilles,
Une voix, comme un tambour, voilée
Parvient pourtant, distinctement, jusqu'à nous.
Je l'écoute. Ce n'est qu'une voix humaine
Qui traverse les fracas de la vie et les batailles,
L'écroulement du tonnerre et le murmure des bavardages.
Et vous ? ne l'entendez-vous pas ?
Elle dit « La peine sera de peu de durée »
Elle dit « La belle saison est proche ».
Ne l'entendez-vous pas ?
Robert Desnos
mfressard
22/02/2013
mfressard
16/02/2013
mfressard
12/02/2013

Il me faudra ici te quitter ombre, frère,
Je laisserai ces mots, ces chants inachevés.
Le souffle est là tout près qui mélange les terres
Et nos regards, nos mains et nos sommeils.
Je vais sans savoir où. Et toi, aussi, ombre, pareille
Au souvenir, oiseau qui dans l'air se dissout
Le soir est là tel un vaisseau qui appareille
Nous séparant de tout ce qu'une fois fut « nous ».
Ilarie Voronca
mfressard
05/02/2013
mfressard
28/01/2013
mfressard
23/01/2013

Dites, quel est le pas des mille pas qui vont et passent sur les grand'routes de l'espace, dites, quel est le pas qui doucement, un soir, devant ma porte basse s'arrêtera ?
Je saisirai les mains, dans mes deux mains tendues, à cet homme qui s'en viendra du bout du monde, avec son pas ; et devant 1'ombre et ses cent flammes suspendues là-haut, au firmament, nous nous tairons longtemps laissant agir le bienveillant silence pour apaiser l'émoi et la double cadence de nos deux coeurs battants...
Emile Verhaeren
mfressard
14/01/2013

Ce sera comme quand on rêve et qu'on s'éveille
et que l'on se rendort et que l'on rêve encor
de le même féerie et du même décor
l'été dans l'herbe au bruit moiré d'un vol d'abeille..
Paul Verlaine
mfressard
07/01/2013

Notre saison n'est que traversée de saisons
c'est d'avoir vu les saisons passer
qui fait que nos yeux très éphémères
ne nous ont pas été vainement donnés..
Armand Robin
mfressard
21/12/2012

Des blancs silencieux, de très grands blancs...
On voudrait se libérer du blanc,
dire quelque chose avec tant de force
que celà résonnerait comme un gong pendant des années...
Mots si faibles, bas, aphones
Parlez, parlez !
J.M.G. Le Clézio
mfressard
17/12/2012

C'était pourtant ma voix qui battait dans vos mains, comme une veine trop pleine du sang d'une parole...
Que pouvais-je encore voir? Des champs sans fin où le blé incline une tête blonde ?
Comment saurez-vous que ce fut moi et non pas toutes ces autres choses qui ont parlé par ma bouche quand je vous dis adieu ?
Voici ces aspects humbles, ces souffrances: les nôtres; une fleur arrachée: mon regard.
Vous seuls au fond de mes yeux...
Ilarie Voronca
mfressard
12/12/2012
mfressard
11/12/2012
mfressard
07/12/2012
mfressard
07/12/2012

Oeil, tu es ici mais ce que tu vois est ailleurs.
Oreille, tu es là aussi mais ce que tu entends vient de très loin,
Sens, vous tous collés à mon corps,
telles les étiquettes de gares innombrables sur une valise,
le toucher contient plus de visages qu'un miroir.
Ilarie Voronca
mfressard
03/12/2012
Constellation des frères morts
mfressard
29/11/2012
Ô pluie d'étoiles dans les ténèbres, constellation des frères morts !
Je vous dois mon plus noir silence, ma fermeté, mon indulgence
pour tous ces jours qui semblent vides,
ce qui me reste de fierté
pour un brasier dans un désert.
Mais que se fasse le silence sur les hautes figures de proue !
L'ardent périple continue,
le cap est de bonne espérance...
A quand ton tour, à quand le mien ?
Le cap est de bonne espérance.
Victor Serge
mfressard
24/11/2012
mfressard
19/11/2012
Regarde les nouveaux pâturages du ciel
pleins de sautes de vent avec ces longs appels
que porte jusqu'en nous l'odeur des transhumances
c'est une autre saison de l'âme qui commence
les sonnailles du sang sur les chemins perdus annoncent la mauvaise fièvre
et l'aventure donne à l'herbe son goût de bonheur suspendu
il faut voir à travers nos larmes les plus dures
Luc Estang
mfressard
16/11/2012

Perdre le midi quotidien,
traverser des cours, des arches, des ponts;
tenter les chemins bifurqués;
m'essouffler aux marches, aux rampes, aux escalades....
Victor Segalen
































































