Poésie ininterrompue

Cette douce harmonie

 

Nd de bon secours abbaye de bellefontaine

 

Je voudrais chanter, Marie, pourquoi je t'aime
Pourquoi ton nom si doux fait tressaillir mon cœur
Et pourquoi la pensée de ta grandeur suprême
Ne saurait à mon âme inspirer de frayeur.
Si je te contemplais dans ta sublime gloire
Et surpassant l'éclat de tous les bienheureux
Que je suis ton enfant je ne pourrais le croire
Ô Marie, devant toi, je baisserais les yeux !...

Tu nous aimes, Marie, comme Jésus nous aime
Et tu consens pour nous à t'éloigner de Lui.
Aimer c'est tout donner et se donner soi-même
Tu voulus le prouver en restant notre appui.
Le Sauveur connaissait ton immense tendresse
Il savait les secrets de ton cœur maternel,
Refuge des pécheurs, c'est à toi qu'Il nous laisse
Quand Il quitte la Croix pour nous attendre au Ciel.

Bientôt je l'entendrai cette douce harmonie
Bientôt dans le beau Ciel, je vais aller te voir
Toi qui vins me sourire au matin de ma vie
Viens me sourire encor... Mère... voici le soir !...
Je ne crains plus l'éclat de ta gloire suprême
Avec toi j'ai souffert et je veux maintenant
Chanter sur tes genoux, Marie, pourquoi je t'aime
Et redire à jamais que je suis ton enfant !..

Thérèse de Lisieux

 

Le bouquet sous la croix

 

Un bouquet sous la croix

 

 

D'où vient-il ce bouquet oublié sur la pierre ?
Dans l'ombre, humide encor de rosée, ou de pleurs,
Ce soir, est-il tombé des mains de la prière ?
Un enfant du village a-t-il perdu ces fleurs ?


Ce soir, fut-il laissé par quelque âme pensive
Sous la croix où s'arrête un pauvre voyageur ?
Est-ce d'un fils errant la mémoire naïve
Qui d'une pâle rose y cacha la blancheur ?


De nos mères partout nous suit l'ombre légère ;
Partout l'amitié prie et rêve à l'amitié ;
Le pèlerin souffrant sur la route étrangère
Offre à Dieu ce symbole, et croit en sa pitié !

Solitaire bouquet, ta tristesse charmante
Semble avec tes parfums exhaler un regret.
Peut-être es-tu promis au songe d'une amante :
Souvent dans une fleur l'amour a son secret !

Et moi j'ai rafraîchi les pieds de la Madone
De lilas blancs, si chers à mon destin rêveur ;
Et la Vierge sait bien pour qui je les lui donne :
Elle entend la pensée au fond de notre coeur !



Marceline Desbordes-Valmore

 

Vivre d'Amour

 

Vivre d amour

 

 

Vivre d’Amour, c’est garder en soi-même
Un grand trésor en un vase mortel
Mon Bien-Aimé, ma faiblesse est extrême
Ah je suis loin d’être un ange du ciel !…
Mais si je tombe à chaque heure qui passe
Me relevant tu viens à mon secours,
A chaque instant tu me donnes ta grâce
Je vis d’Amour.

Vivre d’Amour, c’est naviguer sans cesse
Semant la paix, la joie dans tous les cœurs
Pilote Aimé, la Charité me presse
Car je te vois dans les âmes mes soeurs
La Charité voilà ma seule étoile
A sa clarté je vogue sans détour
J’ai ma devise écrite sur ma voile :
« Vivre d’Amour. »

Vivre d’Amour, lorsque Jésus sommeille
C’est le repos sur les flots orageux
Oh ! ne crains pas, Seigneur, que je t’éveille
J’attends en paix le rivage des cieux…
La Foi bientôt déchirera son voile
Mon Espérance est de te voir un jour
La Charité enfle et pousse ma voile
Je vis d’Amour !…

« Vivre d’Amour, quelle étrange folie ! »
Me dit le monde, « Ah ! cessez de chanter,
Ne perdez pas vos parfums, votre vie,
Utilement sachez les employer !… »
T’aimer, Jésus, quelle perte féconde !…
Tous mes parfums sont à toi sans retour,
Je veux chanter en sortant de ce monde :
« Je meurs d’Amour ! »

Mourir d’Amour, voilà mon espérance
Quand je verrai se briser mes liens
Mon Dieu sera ma Grande Récompense
Je ne veux point posséder d’autres biens.
De son Amour je veux être embrasée
Je veux Le voir, m’unir à Lui toujours
Voilà mon Ciel… voilà ma destinée :
Vivre d’Amour !!!…

 

Thérèse de Lisieux

 

La plus haute poésie

 

A qui l on a beaucoup donne

 

 

La violence de la poésie est calme et silencieuse

et pénètre loin _ jusqu'à l'os

jusqu'au blanc

 

La plus haute poésie

est frappée

de pauvreté d'images

 

Il n'est question

que d'aller plus loin au-dehors

toujours plus loin au-dehors

vers l'extrême ligne de lumière

 

Kenneth White

 

Le Matin Eternel

 

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Alors, pour traverser la nuit, comme une femme

Emporte son enfant endormie, ô mon Dieu,

Tu me prendras, tu m'emporteras au milieu

Du Ciel splendide en ta demeure où peu à peu

Le Matin Eternel réveillera mon âme.

 

Marie Noël

 

L'ange aux trompettes

 

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Seigneur ! guidez le souffle court qui vous cherche dans la prairie

Vous, l’agneau frêle, et vous l’Amour, soyez ma force en ce séjour où l’on tremble de non-retour

Lourd d’une terreur infinie

 

Pitié, Seigneur ! aussi pour Vous qui nous cherchez dans la ténèbre

Que la route, en son dernier bout, pure et droite, parmi les houx

Dorée de lune en son décours, survolée de l’Ange aux trompettes

Soit celle qui mène à la fête éternelle de votre Amour

 

Luc Bérimont

 

Dans cette nuit immense

 

 

 

Pâle étoile du soir, messagère lointaine,

Dont le front sort brillant des voiles du couchant,

De ton palais d'azur, au sein du firmament,

Que regardes-tu dans la plaine ?

 

Etoile, où t'en vas-tu dans cette nuit immense ?

Cherches-tu sur la rive un lit dans les roseaux ?

Ou t'en vas-tu, si belle, à l'heure du silence,

Etoile de l'amour, ne descends pas des cieux.

 

Alfred de Musset

 

L'heure de la terre

 

Holderlin

 

L'heure de la terre est visible depuis le ciel

Tout le jour, entourée d'une claire nuit

Quand en haut apparaît le foisonnement des étoiles,

Et plus proche de l'Esprit la vie ample, prolongée.

 

Hölderlin

 

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