Lecture Passion

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Un désespoir allègre

 

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Dernier tome du " Journal sans date " , ultime volume d'une oeuvre qui, plus de trente ans durant, a porté au plus haut l'exigence d'un homme face à lui-même, aux autres et à Dieu...

Il allait, se rendant à son travail, notant " pensées, images, graines de récits, lambeaux de poèmes "... Les " miniatures " qui composent ce livre, qu'il a revues et retouchées jusqu'à la limite de ses forces, nous devons les recueillir avec la même ferveur et la même simplicité qui furent les siennes.

C'est l'hommage reconnaissant que nous rendons à celui qui, pour tant et tant d'entre nous, fut plus qu'un grand écrivain: un frère! éditions Robert Laffont

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" L'écrivain se dépouille, livre après livre, de ce qu'il avait à dire et meurt de froid... 

J'aurai traversé la vie, tremblant et appliqué comme un enfant franchit à gué une rivière.."   

Gilbert Cesbron

 

Frédo Krumnow

 

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Né à Mulhouse le 29 mai 1927  dans une famille ouvrière militante, Frédo Krumnow grandit dans l'ambiance d'un quartier populaire. La lutte des classes était déjà présente dans sa vie quotidienne. La contemplation d'une affiche publicitaire et la lecture de rubriques scientifiques lui poseront le problème de l'infini...Ce sera le départ d'une recherche inconsciente de Dieu et celui-ci deviendra pour lui "cet être total qui remplit l'univers, qui s'identifie au cosmos dans toute sa dimension." Frédo s'engage dans la jeunesse ouvrière chrétienne et devient responsable national de la branche "Apprentis". Revenu à la base, il travaille comme manoeuvre dans une usine. Son action syndicale l'amènera à prendre des responsabilités nationales à la CFDT. Atteint d'un cancer qui l'emportera le 19 mai 1974 alors qu'il n'a pas encore 47 ans, il voulut utiliser ce temps de repos forcé et de souffrance à proclamer les raisons de sa foi en l'homme et en Dieu, foi appuyée sur " l'amour d'un certain Jésus-Christ".... D'où ce livre inachevé...  

Les Editions Ouvrières

" La maladie me donne enfin, pour la première fois dans ma vie, la possibilité d'écrire; ceci est tellement rare pour un ouvrier ! pour un syndicaliste !... parce que je n'aurai peut-être pas le temps d'écrire plusieurs livres, j'ai décidé de consacrer le premier à la FOI...en effet, qu'y a-t-il de plus élevé, de plus important à livrer dans une vie humaine que la foi que nous pouvons avoir en l'Homme et en Dieu ? alors c'est un devoir de livrer cette FOI aux autres...un chrétien a, en tant que travailleur, les mêmes raisons que tous les autres travailleurs de se battre pour une société libérée du profit, une société fraternelle, égalitaire, sans classe...L'Amour qu'il a pour les autres doit le pousser à cette lutte et l'engager à aller plus loin... aller plus loin dans cette immense espérance humaine motivant les exigences concrètes pour un combat à mener dès aujourd'hui...il y a des moments, de longs moments, où l'on ne peut pas parler, pas écrire, pas lire, alors que l'Esprit atteint la lucidité et l'intensité cérébrales à l'état presque pur...des nuits dont chaque minute couvre un siècle, pendant lesquelles défile le vécu, le souvenir, le petit détail d'un moment, la mémoire extraordinairement nette d'un visage, des paroles d'un ami... ceux qui arriveront au bout du voyage ne pourront alors s'empêcher de jeter un regard en arrière sur ceux qu'ils auront précédés, un regard d'amour..."

Frédo Krumnow

 

Gérald Neveu

 

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La poésie c’est de sortir de soi pour y faire entrer les autres ...

Souvent Gérald Neveu nous aura dit et répété cette maxime dans les longues nuits pleines de sel et de brume de Marseille. Il disait aussi que "rêver, c’est rencontrer les autres au fond de soi-même"...

Il traînait dans cette ville, petit employé fonctionnaire employé aux PTT, et après ses longues divagations sur les trottoirs de la ville, il rentrait chez lui ou ailleurs, pour mettre sur le papier ses fins de jours. Il s’usait vite et le dernier jour de février 1960, il s’est retiré de ce monde, place Dauphine à Paris. C’était la seule fois qu’il avait quitté Marseille. 

" Je n'appelle pas au secours", dit-il dans une lettre, "je n'appelle plus au secours". Il faudrait revenir en arrière, dans le temps, prendre ma cervelle enfantine et lui apprendre pour la première fois l'alphabet. Ne le voyez-vous pas, ce cancer qui me détruit, ce manque, ce vide terriblement concret en ce qui me concerne. Le développement élémentaire d'un individu ne peut se passer de cet appui fondamental : l'exercice de la tendresse "...  

Gil Pressnitzer

" Et ceux-là qui ouvraient de grandes bouches pour rire pâliront et souffriront Ils ne sauront pas encore ce que c’est que la faim — non bien sûr — mais ils diront Peut-être a-t-il faim Alors on répétera dans les cercles de famille Peut-être a-t-il faim On dira A-t-il faim en se serrant un peu davantage au coin du feu ON DIRA on dira Il faudrait peut-être crier pour l’effrayer ou mettre des jattes de lait devant la porte pour l’apaiser Mais celui qui le premier aura vu mon visage oh alors celui-là dira des choses incompréhensibles Il sera bête il aura envie de s’asseoir au soleil et de baver"... 

Gérald Neveu

 

Daniel Brottier

 

Les médecins cherchent mon mal. S'ils savaient toutes les misères qui frappent à ma porte, et mon impuissance à les soulager toutes, ils sauraient ce qui me brise aujourd'hui.

(Une des dernières paroles du Père Brottier)

 

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Servir, c'est n'être plus à soi, c'est penser, vouloir, agir en fonction des autres...

 

Histoire d'une âme

 

Therese

 

Je t'assure que le Bon Dieu est bien meilleur que tu le crois,

Il se contente d'un regard, d'un soupir d'amour...

Pour moi je trouve la perfection bien facile à pratiquer,

parce que j'ai compris qu'il n'y a qu'à prendre Jésus par le Coeur...

 

Thérèse de Lisieux -  " Histoire d'une âme "

 

La cause des pauvres

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"Frédéric Ozanam est le fondateur des Conférences Saint-Vincent-de-Paul, association dédiée à l'aide aux plus démunis. Professeur à la Sorbonne, philosophe, inlassable défenseur des pauvres, des opprimés, adversaire farouche du libéralisme sous toutes ses formes, il prend une part active à la révolution de 1848."  Jacques de Guillebon

"La question qui agite aujourd'hui le monde autour de nous n'est ni une question de personnes, ni une question de formes politiques, mais une question sociale. Si c'est la lutte de ceux qui n'ont rien et de ceux qui ont trop, si c'est le choc violent de l'opulence et de la pauvreté qui fait trembler le sol sous nos pas, notre devoir est de nous interposer entre ces ennemis irréconciliables."  Frédéric Ozanam

                

La Connaissance du Soir

                      

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"Joë Bousquet  étendu dans sa chambre de Carcassonne ne rêve pas sa vie. Il la contemple . Il devine, il prophétise ce qui s'est passé. Ce qui s'est passé doit avoir un sens sous peine de n'être rien. Privé de corps, Bousquet n'est plus que mots. Foudroyé au sortir de l'adolescence, Joë Bousquet n'est entré dans l'âge adulte  qu'à la façon d'un mort."    Hubert Juin

" J'écris mon nom sur ta bière, où repose on ne sait qui. Un homme n'est que son frère puisque son frère c'est lui..."    Joë Bousquet

                

Chiara Luce Badano

          

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" J'avais des projets personnels, mais Dieu avait les siens pour me garder avec lui. Vous ne pouvez imaginer quelle est ma relation avec Jésus maintenant! Il me semble qu'il m'appelle à quelque chose de plus, de plus grand…" 

"Peut-être vais-je rester sur un lit pendant des années. Je n'en sais rien. Pour moi, il n'y a que la volonté de Dieu qui importe: la faire bien, vivre l'instant présent, entrer dans le « jeu » de Dieu […] Un autre monde m'attend et je n'ai qu'à m'abandonner.

Je sens que je fais partie d'un projet splendide qu'on me dévoile peu à peu". 

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Chiara Luce Badiano  naît le 29 octobre  1971 à Sassello en Italie. A l'âge de 9 ans, elle fait la connaissance du mouvement des Focolari (mouvement catholique qui inscrira toute son enfance sous le signe de la mise en pratique de l'évangile dans son quotidien). En 1988, suite à une partie de tennis, Chiara ressent une vive douleur à l'épaule.  En mars 1989, elle découvre à l'hôpital la gravité de sa maladie, un cancer des os. Un mois plus tard elle devient paralysée des jambes. La médecine baisse les bras et affirme son impuissance. Chiara souffre atrocement. Elle sait que seul un miracle peut la sauver. Pourtant, elle écrit : "Je n’arrive pas à le demander. Peut-être que cela vient de mon impression que cela ne rentre pas dans sa volonté ? J’ai hâte d’aller au paradis…mais est-ce que ce n’est pas encore un attachement, quelque chose à perdre ? ".

Malgré sa maladie, elle reçoit des visites de ses amis et continue à suivre les activités des Focolari. Elle rencontre un ingénieur qui vit au Bénin et qui développe une mission pour les enfants, Chiara se passionne pour son entreprise et fait don de toutes ses économies pour cette œuvre. Quand la souffrance diminue elle confectionne des petits objets qu'elle donne ou vend pour la mission au Bénin.

Son état s’aggrave. La veille de sa mort, elle dit au revoir à ses amis : "Il faut avoir le courage de mettre de côté ambitions et projets qui détruisent le vrai sens de la vie, qui est seulement de croire à l’amour de Dieu."  Ses dernières paroles sont pour sa maman :"Ciao ! Sois heureuse, parce que je le suis.

Dimanche 7 octobre 1990, Chiara Luce rejoint le Ciel. Son dernier don sera celui de ses yeux qui, greffés, permettront à deux garçons de retrouver la vue. Les gens arrivent en foule chez les Badano. Malgré les larmes, c’est la fête : croyants et incroyants viennent auprès d’elle. Plus de deux mille personnes se rassemblent pour les funérailles. Les témoignages parlent d’une atmosphère de joie, de paradis.

Un ami confesse : « Pour la première fois, j’ai réussi à être sûr de l’amour de Dieu. »

Le samedi 25 septembre 2010 à Rome, elle accède à la la béatification.