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Témoins de vie

 

Pere frechet

 

 

 

" La tristesse n'est pas chrétienne, les chrétiens tristes sont des imposteurs..."

Georges Bernanos

 

 

 

 

 

 

 

Frère Daniele Natale

 

 

République centrafricaine : Sœur Inès Nieves Sancho

 

 

 

Sœur Inès Nieves Sancho, missionnaire âgée de 77 ans, a été sauvagement assassinée aux premières heures du 20 mai 2019. Son corps mutilé a été découvert plus tard dans le village de Nola, dans le diocèse de Berberati, dans l’ouest du pays. 

Ses assassins se sont introduits dans sa chambre, l’ont enlevée et l’ont emmenée à l’endroit où elle donnait des cours de couture aux filles et aux jeunes femmes pour les aider à se faire un avenir meilleur. C’est là que les hommes l’ont décapitée. Il se pourrait que ce meurtre soit lié au trafic d’organes humains et à la sorcellerie rituelle. En effet, celle-ci est devenue de plus en plus fréquente et brutale, depuis que le pays a sombré dans la guerre, dominée par la guérilla extrémiste. 

Originaire de Burgos en Espagne, Sœur Inès vivait dans une petite communauté de la Congrégation des Filles de Jésus de Massac (Tarn). Elle effectuait des missions en Afrique depuis plus de vingt ans. 

 

   

Action de l'AED : Ailleurs en Centrafrique, d’autres religieuses continuent de consacrer leur vie aux pauvres comme l’a fait Sœur Inès. Parmi elles, les sœurs de l’Institut Saint-Joseph qui travaillent depuis 2017 pour soutenir le travail pastoral de l’Église, dans le diocèse de M’Baiki, au sud-ouest du pays. Elles se consacrent au soutien des femmes vulnérables, travaillent dans les écoles et fournissent des services pédiatriques et autres, au sein de la paroisse de l’Esprit-Saint, dans la ville de Pissa. L’AED a récemment aidé cette communauté à réparer le toit de son couvent et la plomberie de base.

 

Centrafrique : Fragile chemin vers la paix

 

Un an après les accords signés à Bangui, le 6 février 2019, entre le gouvernement et 14 groupes armés, l’AED fait le point avec l’archevêque de Bangui, le cardinal Dieudonné Nzapalainga. 

 

AED : Quel bilan pouvez-vous en faire un an après ? 

La violence a drastiquement baissé et cet accord y a contribué. Avant, tout le pays était à feu et à sang mais depuis les accords nous avons l’impression que les gens ont acquis cet objectif commun de la paix. Maintenant il faut faire encore plus pour que la violence cesse complètement. 

Que reste-il encore à faire pour avancer sur cette paix ?

Notre rôle est de faire baisser la tension, de faire de la médiation, de travailler à désarmer les cœurs et les esprits pour que les gens puissent vivre la fraternité. Il faut travailler sans cesse car les foyers de violence sont encore là et les ennemis de la paix aussi. 

L’Église de Centrafrique vient de fêter ses 125 ans, comment va-t-elle aujourd’hui ?

Sa force réside dans ses pasteurs et ses laïcs. Je les ai vus garder leur foi au plus fort de la crise et continuer à aller à l’église, c’est une foi qui dépasse les montagnes. L’année dernière, j’ai été à Bilao où il n’y a plus de prêtre depuis 10 ans et malgré tout, les chrétiens sont toujours là, fidèles. 

Quelle est la priorité pour l’Église ?

L’éducation car il y a encore beaucoup d’analphabètes. Or un enfant analphabète est un enfant qui court le risque d’être enrôlé par la rébellion. C’est aussi par l’éducation que les jeunes peuvent accepter le chemin de la paix. Nous leur disons que pour les chrétiens, le Christ est source de cette paix. 

Et vous, comment trouvez-vous la force d’être sans cesse un artisan de paix ? 

Ma force, elle me vient du Seigneur lui-même à qui je demande le temps pour l’oraison, la prière, sinon je reste sur un plan horizontal or c’est Lui qui me donne la force, l’énergie pour repartir. Le chrétien est celui qui porte des lunettes que les autres ne portent pas, il a les lunettes de la foi. Il est habité par l’Espérance.

Avez-vous un transmettre un message aux chrétiens d’Occident ? 

C’est le Christ qui donne la force pour changer. Parfois on est plongé dans la grisaille, dans la solitude, l’indifférence on ne sait pas sur qui s’appuyer, on n’a plus de repère… Dieu est là. Et si vous voulez que Dieu soit là, prenez le temps d’aller à sa rencontre. 

Allez aussi rencontrer les témoins, des communautés existantes, sans peur. Dieu a opéré une sortie par son Fils Jésus, nous devons aussi sortir de nos cocons pour aller à la rencontre des autres. C’est l’enjeu missionnaire qui est là ! 

Je pense que plus que jamais les chrétiens ont un rôle à jouer, ils doivent être la lumière et le sel de la terre. Il ne faut pas rêver d’être plus nombreux, les chrétiens sont un petit nombre qui doit être dynamique et déterminé, cohérent avec soi-même et les autres. Nous avons besoin de communautés vivantes et joyeuses.  

Interview réalisée par l'AED en février 2020 (retrouvez l'intégralité de l'article)

Philippines : Dexter Condez

 

 

 

Le 22 février dernier, un jeune laïc de 26 ans, Dexter Condez, membre de la Société de Saint Vincent De Paul, est mort après avoir été abattu de huit balles, sur l’île de Boracaya, aux Philippines.

Dexter Condez était très impliqué dans les efforts visant à protéger l’identité et la dignité de la tribu Ati et était en contact étroit avec l’Église catholique locale, dans le diocèse de Kalibo. Il avait défendu les droits du peuple autochtone, s’opposant à l’exploitation des terres par les entreprises locales de construction.

Ce jour-là, Dexter Condez revenait d’une réunion qui avait rassemblé des responsables de la communauté Ati et des religieuses des Filles de la Charité, congrégation active à la Holy Rosary Parish Ati Mission, fondée en 2000 par les Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul pour venir en aide aux quelque 40 familles Ati de Boracay, soit environ 200 personnes. 

 

 

 

Action de l'AED : Depuis de nombreuses années, l’AED travaille avec le diocèse d’Isabella sur un projet qui vise à renforcer le sens des responsabilités des jeunes dans la société, à travers divers cours de formation. Il s’agit notamment de questions vitales telles que le dialogue, la justice, la paix et l’intendance de la création, autant de questions cruciales dans ce pays le plus catholique d’Asie.

 

« Que votre vie soit une Eucharistie sans fin »

 

« Que votre vie soit une Eucharistie sans fin. Que tout soit fait au nom du Seigneur Jésus-Christ pour lui rendre grâce de son appel, de sa bonté, de sa miséricorde », recommandait le cardinal Luis Antonio Tagle aux fidèles de Manille, aux Philippines, avant de partir au Vatican pour prendre ses fonctions du préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples. 

Le cardinal Tagle a exhorté à conserver toujours un regard et une attitude d’action de grâce envers Dieu, parce que « les plans de Dieu ne sont pas les nôtres, mais nous croyons et savons qu’Il est bon, que sa miséricorde dure pour toujours. » Et il a ajouté : « Tout baptisé est appelé à donner son corps et son sang, en action de grâce », comme le Christ a rendu grâce au Père en se donnant totalement. 

Le cardinal Tagle a maintenant quitté un diocèse florissant, qui compte quelque 600 prêtres diocésains et religieux, plus de 700 religieuses et plus de 400 catéchistes. 

Par ailleurs, l’Église des Philippines s’apprête à célébrer les 500 ans de l’arrivée de l’Évangile dans l’archipel (1521-2021). Déjà en 1579, vue la croissance imposante de la communauté des fidèles, le diocèse a été institué à Manille, suffragant de Mexico. En 1595, Manille était déjà archidiocèse et il est aujourd’hui composé de sept villes – Manille, Makati, Pasay, Mandaluyong, Pasig, Quezon City et Kalookan – et de cinq communes pour un territoire sur lequel vivent plus de 3 millions de catholiques.

Source : Zenit (janvier 2020)

 

 

Sri Lanka : 196 chrétiens assassinés le dimanche de Pâques

 

 

 

Le dimanche de Pâques, le 21 avril 2019, trois églises chrétiennes ont été prises pour cible par des terroristes islamistes au Sri Lanka. Toutes les trois étaient bondées de fidèles venus célébrer la fête de la Résurrection.

114 personnes sont mortes dans l’attentat à la bombe contre l’église Saint-Sébastien dans la ville de Negombo, au nord de la capitale et 27 autres personnes dans l’église protestante de Sion à Batticaloa. La troisième bombe explosa dans le sanctuaire catholique de Saint-Antoine de l'archidiocèse de Colombo tuant 54 autres personnes. En comptant les victimes tuées le même jour par des attentats-suicides dans trois hôtels, 258 personnes ont été tuées, en ce jour de Pâques.

Les djihadistes avaient choisi leurs cibles très délibérément. L’Église catholique de Saint-Antoine à Colombo est l’une des églises les plus remarquables du Sri Lanka et en même temps un sanctuaire national visité par des milliers de personnes, dont de nombreux non-chrétiens. 

 

  https://www.aed-france.org/

 

Action de l'AED : Les victimes de la tragédie comprennent les personnes endeuillées, qui ont perdu leurs proches, les blessés – souvent avec des blessures qui changent la vie – les orphelins, les familles déchirées et ceux qui souffrent de graves traumatismes physiques ou émotionnels. Tous ont besoin de notre soutien ; il est nécessaire d’accompagner et consoler toute la communauté chrétienne. L’AED aide toutes les victimes et leurs familles, à travers l’Église locale qui dispense un soutien curatif, social et psychologique.

 

Prière d’une jeune chrétienne sri-lankaise au lendemain des attentats

 

« J’ai le cœur brisé d’avoir appris que plusieurs frères et sœurs sont morts la veille de Pâques au Sri Lanka. Je suis choquée et en colère et je me demande : "Pourquoi tout cela est arrivé ?" Or, je sais, Seigneur, que tes voies sont plus élevées que mes voies et tes pensées sont plus profondes que mes pensées. Seigneur, aide-moi, aide tes enfants à voir la lumière de ta grâce dans cette obscurité. 

Seigneur, cet incident apporte le chaos, le chagrin et la perte irremplaçable d'êtres chers dans la communauté chrétienne du pays. Que dois-je faire dans ces moments-là ? 

Mes frères et sœurs ont besoin de paroles réconfortantes mais aussi de mains pour les porter dans leurs jours les plus sombres, et qui leur apportent de l’espérance pour traverser cette période tumultueuse. 

Seigneur, que puis-je faire maintenant ? Comment puis-je rester là à m'asseoir et à me taire quand des parties de ton corps souffrent ainsi ? Tu me réponds : "Mon enfant, prie". 

Seigneur, je prie pour que l'Esprit Saint console ces familles endeuillées. Je prie que les chrétiens du Sri Lanka soient remplis de force et d’espérance. Les victimes et leurs familles subissent des pertes, des chocs et des traumatismes. Guéris-les, Seigneur. Guéris leur cœur, leur corps, leur âme. 

Je prie pour que les dirigeants chrétiens fassent preuve de sagesse afin d'amener les croyants à prendre de sages décisions dans cette situation fatidique. 

Je prie pour la paix entre les groupes ethniques et religieux du Sri Lanka. Je prie pour la sécurité et la force des personnes qui viennent les aider sur le terrain. Je prie contre la haine et ce désir de vengeance qui animent le cœur des terroristes. Je prie pour que le gouvernement prenne les mesures qui s'imposent et rende justice au Sri Lanka et à son peuple. 

Je suis réconfortée de savoir que tu consoles tes enfants en les prenant dans tes bras au Ciel. Je suis rassurée de savoir que tu es à leurs côtés bien qu’ils laissent un vide énorme au sein de leur famille. Je prie pour que tu apportes le réconfort, l'assurance, que tu guérisses les traumatismes de ces familles. 

Seigneur, je prie pour ton intervention, pour ta présence et ton réconfort. Aide-moi à continuer à prier pour mes frères et sœurs. Seigneur Jésus, je garde mon espérance en toi, et je prie pour que ta miséricorde et ta grâce soient sur nous tous. »  

Pakistan : Akash Bashir

 

 

 

Akash Bashir était un jeune homme de 20 ans, un ancien élève de l’école Don Bosco à Lahore, au Pakistan, qui a donné sa vie le 15 mars 2015, sauvant sa paroisse d’une tentative d’attentat à la bombe.

Il agissait comme agent de sécurité bénévole devant l’entrée de l’église Saint-Jean dans le district de Youhanabad à Lahore, lorsqu’un individu s’approcha de l’entrée, cherchant avec violence à pénétrer dans l’édifice catholique archicomble à cette heure. Akash repéra la ceinture d’explosifs autour de sa taille et l’empêcha d’entrer. Quelques secondes plus tard, incapable de le dissuader, il se jeta sur le suspect qui fit exploser sa ceinture de suicide. 

Au prix de sa propre vie, faisant de son corps un bouclier, il évita ainsi que le bilan des victimes soit considérablement plus tragique.

 

https://www.aed-france.org/

Action de l'AED : De nombreux chrétiens au Pakistan sont victimes de discrimination et de persécution en raison de leur foi. Pourtant, malgré les conditions difficiles et la grande pauvreté et l’exclusion sociale qui leur sont imposées, ils persévèrent courageusement dans leur foi catholique. Mais ils ont besoin de notre soutien, en particulier les plus jeunes. Aussi, l’AED finance régulièrement les projets dapostolat auprès de la jeunesse diocésaine, entre autres à Lahore et Faisalabad.

 

Héroïque pour l'amour de Dieu et de son prochain

 

« Nous sommes peut-être une Église pauvre en ressources matérielles, mais nous sommes riches de foi et d’amour. »  

 

Yémen : Quatre Missionnaires de la Charité

© Saleh Al-Obeidi / AFP

© Saleh Al-Obeidi / AFP

 

Le 4 mars 2016, quatre religieuses de la congrégation des Missionnaires de la Charité ont été assassinées : 

  • Sœur Anselm, d’origine indienne, née le 8 mai 1956
  • Sœur Margarita, d’origine rwandaise, née le 29 avril 1971
  • Sœur Judith, d’origine kenyane, née le 2 février 1975
  • Sœur Reginette, d’origine rwandaise, née le 23 juin 1983.

Les terroristes ont profité du temps réservé à la prière musulmane et des rues désertiques, pour mener leur attaque meurtrière et s’échapper. Ils ont fait irruption dans le couvent d’Aden, où les sœurs dirigent une maison pour personnes âgées et infirmes (environ 80 personnes à charge). 12 autres personnes ont trouvé la mort, parmi lesquelles figuraient leur chauffeur ainsi que des laïcs travaillant à la maison. 

Le père Tom Uzhunnalil, prêtre salésien, a également été enlevé au cours de l’attaque : il n’a été libéré que bien plus tard, le 12 septembre 2017, grâce à la médiation du sultan Omán et de l’Église catholique. La Supérieure du couvent a réussi à s’en sortir indemne, tout comme la plupart des personnes âgées et infirmes.

https://aed-france.org/

https://www.aed-france.org/

La pire crise humanitaire, d’après l’ONU

 

Après un accord signé entre les séparatistes du Sud et les fidèles au gouvernement yéménite sous l’égide de l’Arabie saoudite, début novembre 2019, le gouvernement yéménite s’est réinstallé à Aden, la ville forte du sud du pays. L’accord prévoit notamment la formation d’un nouveau cabinet ministériel avec une représentation égale entre les partis. Un premier pas vers la stabilité du Yémen. Mais la situation « reste très compliquée, on ne sait pas exactement où sont les vrais progrès et quel sera le résultat final », déplore Mgr Paul Hinder, vicaire apostolique d’Arabie méridionale, qui plaide pour une solution politique prenant en compte l’aspect fédéral du pays. 

En décembre, de nouveaux combats entre les soldats fidèles au gouvernement et les séparatistes ont tué un commandant séparatiste. De même, les 18 et 22 janvier 2020, des attaques au missile imputées aux rebelles Houthis ont fait plus d’une centaine de morts, à Marib, une ville tenue par les forces gouvernementales. 

Le Yémen est le théâtre d’un conflit sanglant sur fond de rivalités religieuses et claniques. Depuis mars 2015, l’Arabie saoudite, pays voisin du Yémen, intervient aux côtés du gouvernement yéménite face à l’insurrection des Houthis. Selon diverses organisations humanitaires, la guerre a tué des dizaines de milliers de personnes, essentiellement des civils, depuis l’intervention de l’Arabie saoudite et ses alliés. Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées. Et 24,1 millions, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d’assistance, selon l’ONU qui évoque la pire crise humanitaire en cours dans le monde et dénonce les « crimes de guerre » commis par toutes les parties. Mgr Hinder déplore le silence de la communauté internationale, « gênée, car elle sait très bien qu’elle est impliquée dans cette guerre. » 

Sources : Vatican News et Le Figaro