Tu es la grande lumière de la pauvreté

 

Tu es la grande lumière de la pauvreté

 

 

Seigneur, tu es le pauvre.

 

Tu es le pauvre, le dénué de tout,

tu es la pierre qui roule sans trouver le repos,

tu es le lépreux hideux dont on se détourne

et qui rôde autour des villes avec son grelot.

 

Tu es pauvre comme les malades

qui dans la nuit se retournent sans cesse

et sont presque heureux

et comme les fleurs entre les rails

si tristes dans le vent confus des voyages.

 

Toi tu es vraiment le pauvre, le dénué de tout,

tu es le mendiant qui se cache la face;

tu es la grande lumière de la pauvreté

auprès de qui l'or semble terne.

Rainer Maria Rilke

 

 

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